Le “ghosting”

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Frustrated woman waiting for a phone call in Christmas kitchenLarguée ? Il fait le mort ?

Vous êtes victime de « ghosting »

 

 

Soudain, plus rien.

Un silence fracassant.
Une absence qui terrasse alors qu’on n’a rien vu venir. ….il s’en est allé.
Du jour au lendemain, sans explications.

On ressent alors un vide immense. Un déchirement dans le cœur et les entrailles. Celui qu’on aime est parti. Il n’est pas mort mais c’est tout comme. Il a pris ses cliques et ses claques sans un mot, sans prévenir, sans menaces.

Hier tout semblait si beau. Aujourd’hui c’est l’enfer.
Nous voilà seule avec l’absence. Sans avoir notre mot à dire.
Une séparation brutale, imposée. Un départ sur lequel on ne peut donner aucun sens.

Cela s’appelle le « ghosting »

Le « ghosting » est l’art de quitter sans aucune explication. C’est faire le mort : pas d’appels, pas de mails, pas de sms…

« Ghosting » est un terme apparu récemment, du mot anglais « ghost » qui veut dire fantôme.

Il y a donc bien une idée de mort qui plane dans tout ça : faire le mort, fantôme…

En effet pour la personne quittée, il faudra faire le deuil. Et difficile de faire le deuil sans pouvoir donner du sens à cette fin d’histoire.

Le « ghosting » est un phénomène de société ayant tendance à s’amplifier ces dernières années. Les nouvelles technologies numériques bousculent les comportements. La société consumériste accentue le comportement « je-veux-je-prends-je-jette ». La relation à l’autre devient de plus en plus une relation à l’objet. En un clic, j’entre en contact et en un clic je quitte la personne. C’est tellement plus facile. En un clic le tour est joué.

« Selon une étude menée auprès de 1 000 personnes par le Huffington Post et YouGov en 2015, 11% des personnes interrogées assurent avoir déjà fait le mort pour se débarrasser de leur moitié. Le nombre de ghostés s’élève quant à lui à 13%. » (1)


Lors du « ghosting » la personne quittée se sent objet : jetée après usage.

Au delà de la blessure affective – elle souffre de perdre quelqu’un auquel elle était attachée, (voire qu’elle aimait) – il y a la blessure narcissique.
Non considérée comme un être sensible pensant et aimant, la personne quittée peut se sentir niée dans ses affects, niée dans sa personnalité.
Cette situation est d’une extrême violence psychologique d’autant plus si la victime du « ghosting » a une fragilité au niveau de l’estime de soi.

Cette situation sera destructrice pour les personnes souffrant d’un passé aux multiples abandons, d’une mésestime de soi, d’un non-amour de soi.

 

Je me souviens.

Il y a très longtemps. Il était charmant, beau, avec un je-ne-sais-quoi de cassé en lui.
Un dîner. Un verre. Un autre dîner, un autre verre. Des déclarations. Une nuit d’amour. Un lendemain qui semblait normal. Un café ensemble. Une complicité. Il me propose de me raccompagner. Nous prenons le métro. Nous sommes debout, proches. Il me regarde dans les yeux. J’ai l’impression qu’il veut me dire quelque chose d’important. Le train arrive en gare. Il est dos aux portes. Elles s’ouvrent, il recule me regardant toujours dans les yeux. Un dernier pas en arrière.  Il est sur le quai, fait un signe de la main signifiant un au-revoir et les portes se referment. Le métro emporte mon corps tétanisé, choqué, ma tête vide, mon cœur serré.


Je n’ai plus jamais eu de nouvelles de cet homme.

Qui sont ces « ghosters » ?

Les Pervers-Narcissiques

Car ainsi ils contrôlent jusqu’au bout la relation, l’autre et leur image. La victime reçoit un dernier coup de grâce. Terrassée par la violence de l’acte et l’incompréhension.

Les séducteurs (autre forme de narcissisme)

N’ayant pas de temps à perdre dans la clôture de leurs aventures parce que déjà sur un autre coup, ils vont disparaître et faire le mort. Ce sont des consommateurs de l’amour.

Les abandoniques.

Ils sont dominés par l’angoisse d’abandon : ils se sentent (ou croient être) constamment abandonnés. Par peur d’être abandonnés tôt ou tard, ils vont quitter. Ainsi eux aussi contrôlent la situation non pas pour détruire l’autre comme le PN mais plutôt pour tenter de canaliser l’angoisse qui les rongent. En gardant le contrôle de la relation, ils se donnent l’illusion de contrôler leur angoisse.

Alors que faire ?

Anticiper

On ne peut pas prévoir ce genre de situation. Mais ce qui est certain c’est que bon nombre de personnes doivent apprendre à bien choisir qui leur plait, bien choisir qui aimer. La personnalité de l’élu, les circonstances de la rencontre, la façon dont il s’y est pris pour vous inviter à prendre un verre, tout ceci est à prendre en compte. Vous y verrez peut-être des signaux avant-coureurs.

Accepter

Accepter l’erreur de casting n’est pas toujours évident mais salutaire. L’après « ghosting » peut vous permettre de vous poser les bonnes questions. Revoir le film de la rencontre et découvrir les signaux que vous n’avez pas voulu voir pourra vous aider pour la prochaine fois. Ceci, non pas pour vous culpabiliser, mais pour apprendre après coup. Ainsi on ne vous y reprendra plus.

Et pour mieux accepter l’inacceptable souvenez-vous que ce vide peut-être l’occasion de prendre du temps pour vous, de faire le point. Ce vide c’est aussi un espace disponible pour une véritable rencontre.

Donner du sens

Il est difficile de passer à autre chose, de faire le deuil de la relation sans explications. Pour tourner la page nous avons besoin de donner du sens aux événements. Vous n’aurez jamais d’explications et vous devez vous faire à cette idée. En revanche cet épisode peut avoir du sens pour vous. Suite à cet événement vous êtes surement en mesure de comprendre quelque chose sur vous, de prendre conscience de quelque chose d’important, de décider quelque chose. Ou tout simplement prendre conscience de ce que vous ne voulez plus vivre comme type de relation.


Tout a une raison d’être.

  1. « Selon une étude menée auprès de 1 000 personnes par le Huffington Post et YouGov en 2015, 11% des personnes interrogées assurent avoir déjà fait le mort pour se débarrasser de leur moitié. Le nombre de ghostés s’élève quant à lui à 13%. »

géraldyne©Géraldyne Prévot Gigant – Psychopraticienne et auteur

 

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4 réflexions sur « Le “ghosting” »

  1. Jocelyne

    Merci pour votre article intéressant, je ne connaissais pas le terme de ghosting.

    Et comment appelle t-on cela dans le domaine de l’amitié, lorsqu’une personne disparaît de notre vie en faisant le “mort” ?

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    1. Hadda Auteur de l’article

      excellente question
      je pense qu’à partir du moment où le lien est affectif et qu’il y a rupture du lien nous sommes dans la même configuration
      le problème ce n’est pas la rupture mais la manière de faire qui laisse l’autre avec un vide et sans explication

      Répondre
    2. Prevot Gigant

      Merci Jocelyne pour votre question. Le terme est le même car quelque soit la nature de la relation quand il y a rupture brutal de lien, sans explications, la souffrance est là, que notre relation soit amoureuse ou amicale.

      Répondre
  2. L ours

    C’est marrant, ça fait la 10 eime fois aujourd’hui hui que je peux lire sur ce sujet” Il vous a largué, ce lâche, cet homme, cet ordure etc ” Mesdames je vient de me faire larguer par… une femme ! Et oui un homme aussi a un cœur et peut pleurer d’incompréhension après 3 ans de relation.

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